La greffe de cheveux de type afro : un cas particulier

La transplantation capillaire apporte une correction esthétique définitive de la majorité des dégarnissements capillaires des patientes et patients Afro-Américano.

Rappel sur les différentes causes d’alopécie possibles

Il existe plusieurs causes de chute de cheveux chez les patients africains. L’alopécie peut être provoquée par les tressages et brushing à répétition (alopécie de traction), et parfois de nature cicatricielle, ou encore les produits de défrisage utilisés par plus deux tiers des femmes Africaines. Elle peut également être hormonale (alopécie androgénétique) et se manifester aussi bien chez l’homme que chez la femme.

Pourquoi s’agit-il d’un cas unique?

Les cheveux crépus peuvent devenir un défi technique lorsque la greffe est envisagée, du fait de leur nature frisée. La procédure chez les patients africains se complique sur trois aspects :

  • Le cheveu de type afro s’enroule sous la peau, augmentant ainsi le risque de transection (endommagement) lors du prélèvement des greffons à l’aide de micro-punch (voir technique FUE sans rasage)
  • Les peaux noires sont plus sujettes aux cicatrices hypertrophiques ou chéloïdes (boursouflées et volumineuses) : cela sera évité en sélectionnant chaque endroit du cuir chevelu à opérer.

Quelle technique privilégier?

La greffe de cheveux Afro est réalisée selon les mêmes techniques que pour les autres patients, même si les caractéristiques sont différentes.

La courbure des racines frisées des cheveux rend parfois difficile l’utilisation de la technique FUE du risque de transection. La technique FUL (FUT sans rasage) sera privilégiée dans les cas où l’extraction des cheveux présente un risque élevé de transection lors du prélèvement à cause de la courbure des racines. La préparation des greffes sous microscope évite au mieux les transections.

Ces procédés, basés sur l’implantation de greffes de 1 à 3 cheveux, recréent l’émergence naturelle de 1 à 3 cheveux à travers chaque orifice pilo-sébacé.

L’angle d’implantation des cheveux chez les patients d’origine africaine est plus vertical que chez les sujets caucasiens ou asiatiques. Le chirurgien suit l’obliquité originelle des cheveux pour que ceux-ci poussent d’une manière naturelle.

Les cheveux, prélevés dans une région épargnée par le phénomène alopéciant (couronne chez l’homme ou région occipitale médiane chez la femme) conservent leur capacité de croissance après l’implantation pendant toute la vie du sujet.

Les suites opératoires

Les cheveux frisés ou ondulés des patients Africains ont une capacité couvrante plus importante que les cheveux raides. Cela permet au chirurgien de réaliser des greffes utilisant moins de cheveux tout en gardant une très bonne couverture des zones dégarnies.

Du fait de la couleur foncée de la peau, les rougeurs apparaissant après l’implantation capillaire sont beaucoup moins évidentes et disparaissent plus rapidement que chez les patients aux peaux claires.

Les cheveux greffés tomberont après 15 jours et repousseront complètement au bout de 12 mois.

Les résultats définitifs se verront donc au bout d’un an, une fois que la repousse des nouveaux cheveux sera complète.

Conclusion

La transplantation de greffes capillaires selon différents procédés (FUL, FUT, FUE) vient compléter utilement chez les patients africains l’effet favorable de l’arrêt des tractions ou des produits défrisants. Il est ainsi possible de corriger la majorité des alopécies et d’apporter une solution esthétique définitive pour la plupart des dégarnissements pilaires et capillaires. Les indications prennent en compte de nombreux paramètres du dégarnissement (étiologie, localisation, étendue ou évolutivité) et des particularités du patient (âge, sexe, origine ethnique, motivation personnelle).

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